LA GAZELLE N°53
À PERTE DE VUE
L’été élargit le visible. Le regard peut enfin s’allonger au loin sans rencontrer d’obstacles. La lumière dilate les contours, les distances se délient, et l’œil peut aller plus loin, très loin, sans buter sur rien. Un horizon de mer, un champ qui déborde, un ciel ouvert. On ne cherche plus à saisir, on laisse venir.
L’été dérobe le temps sans le faire disparaître. On sait que septembre existe, qu’il attend quelque part derrière l’horizon, mais il est loin, assez loin pour qu’on l’oublie presque. Année après année, l’été se transforme, se comprime et change de visage, et pourtant une chose demeure. Une légèreté presque adolescente, des journées qui n’avaient pas encore de comptes à rendre. Le regard suit, ralentit, s’attarde…
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