Étudiants enquiquineurs, troubles fêtes, joueurs sur mot et jongleurs de baballes,
Chipotent, discutaillent, épiloguent et cherchent des poux dans les fonds de casseroles.
Leurs foules battent le pavé biscornu, criardes comme les couleurs des foulards suspendus.
Les rues sont bien trop pleines depuis ce matin. Vous autres, êtes entrés dans ce beau numéro, et vous n’en sortirez pas de si tôt.
Cette 52e édition du journal a sans autorisation préalable, capturé, accroché, suspendu quelques masques. Pleureurs, grimaçants, zoomorphes, gentils ou méchants, gracieux, malicieux. Bref des masques en tous genres, qui font les traits de nos farces contemporaines, qui méritent le devant et le centre de la scène, pour le pire ou le mieux.
Lisez nous, vous serez libres de vivre cette farce n’importe où : parvis d’église, bureau de vote, banc public ou fond d’un lit.
La rédac vous a cuisiné une farce bien salée comme il faut, en images et en mots, et vous pose ces questions : Mais de qui va-t-on rire ? Et de qui va-t-on être dupe ? Sera-t-on, au festin, farcisseur ou farci ?
Questions difficiles quand rois et bouffons badinent à la même table, indissociables, hybrides et monstrueux. Dégoulinant de verbes, de flatteries, peinturlurés, cirés, fardés, persillés. Sur cette toile grasse et épaisse, sous la chaleur du soleil, la peinture tourne, et même les mots fondent ou s’évaporent à petit feu.
Alors figeons ces masques, accrochons-les au vent pour que tout sèche. On y verra plus clair.
Étudiants entomologues, artistes et curateurs, attrapeurs importuns, présentent : FARCES, n°52
Lucie Cassou-Goujon