Le numéro 46 « Mythologies » maintenant disponible dans tous les campus du Quartier Latin
Au collège, j’ai suivi l’option latin. Quelle drôle d’idée, me direz-vous ! Surtout quand on sait la rigueur nécessaire à son apprentissage… Ce n’était pas par amour des déclinaisons et de la grammaire que j’étudiais la langue latine, mais pour les cinq minutes à la fin du cours dédiée à la mythologie romaine. Quelle épiphanie, écouter ma professeure de lettres classiques nous conter l’histoire de Romulus et Rémus, le mythe fondateur d’Énée, les douze travaux d’Hercule ou encore la chute d’Icare. De Homère à Sophocle, de Virgile à Ovide, mythe, légendes et autres fabulations traversent les flots céruléens pour nous parvenir.
Je suis sûre que vous aussi, enfant, vous aviez votre propre Roman Empire, votre propre mythe que vous ne cessiez de ressasser, encore et encore. Ou peut-être que vous l’aviez même oublié, enseveli, au fin fond de votre mémoire. Les mythologies sont bien plus que des récits de l’époque « toges-sandales ». Ils résident dans les objets du quotidien, les moments banals, dans les machins, les bidules et les trucs muches… bref, dans la culture populaire.
En toute transparence avec vous cher.e.s lecteur.trice.s, plutôt que de tenter de saisir l’essence même de ce numéro, j’aimerais fermer mon PC sans me retourner. Ma mythologie ? Chaque hiver, j’attends résolument les premiers rayons du soleil pour sortir du vortex amer du train-train quotidien. Aller au jardin du Luxembourg, mettre mes hauts à fleurs et prendre un verre en terrasse, voilà mon guide printanier. Marre de la grisaille parisienne.
« Le récit est présent dans tous les temps, dans tous les lieux, dans toutes les sociétés ; le récit commence avec l’histoire même de l’humanité ; il n’y a pas, il n’y a jamais eu nulle part aucun peuple sans récit. ». Que c’est beau…! J’en ai les larmes aux yeux. Merci cher Barthes pour cette analyse des plus précieuses sur la mythologie. Si par essence le mythe, du grec muthos, se veut le récit qui met en scène des êtres fabuleux et surnaturels, la mythologie, elle, les étudie. Alors cher.e.s ami.e.s, sortons nos loupes et nos scalpels pour analyser, déconstruire et se réapproprier nos propres croyances et nos propres mythes.
Du mythe du libéralisme économique au volontourisme, en passant par la mythologie nordique ou le chant d’Orphée, La Gazelle laisse libre cours au questionnement et à la réinterprétation des mythes pour composer notre propre répertoire. Bonne lecture !
Mélina TORNOR